« Tout est lié ». 21 mars 2020. Confinement+6

Publié le par Amis de la Décroissance Nancy

Plantage du capitalisme. Installer un autre système. OK !

Plantage du capitalisme. Installer un autre système. OK !

La crise sanitaire est aussi une crise sociale et environnementale (et vice-vice-versa).

La Santé des humains est étroitement liée à la Santé de la planète. L'humain n'est pas et ne sera jamais « hors-sol ». Avec la déforestation, l’urbanisation, l'extraction et l’industrialisation effrénées, vient la destruction des habitats naturels (forets, écosystèmes, zones humides...), l'élevage industriel avec ses masses de déjections, les marchés d'animaux sauvages vivants, l'abattage permanent de milliards d'animaux... La baisse de la biodiversité renforce les pandémies qui sont déjà de plus en plus fréquentes car le changement climatique, ce n'est pas juste la montée des eaux et des températures, c'est aussi les tiques et moustiques, les allergies et intolérance, les cancers, des catastrophes « naturelles »... Sans compter que l'homme enfouie ses déchets qui maintenant nous étouffent.

Tout est lié, tout peut s'arrêter.

Face à nos certitudes, le Covid-19 est arrivé, comme une vague scélérate. Plus on bouscule la Nature, plus elle nous bousculera. On veut nous faire croire que nous traverserions une crise simplement conjoncturelle, « c'est la faute au virus ». Or la situation actuelle est bien due à l’imbrication inédite d’une crise sociale et d’une crise écologique : la crise économique depuis les années 70 est la traduction quantitative de l’impasse capitaliste.
On voit bien qu'il y a une injonction paradoxale dans cette crise : on reste chez soi, mais on travaille pas que sinon le capitalisme s'effondre. On se protège mais certains (majoritairement des travailleurs précaires/sous-payés) vont au front. C'est la guerre, mais pas pour tout le monde. Il faudra faire des choix à un moment entre l'humain et l'économie... Heureusement, partout des résistances, dont la décroissance... Espérons qu'à l'issue de cette crise, on constatera qu'on peut consommer moins et vivre tout aussi bien, qu'on peut réduire les dépendances entre les pays et que les marchés financiers sont extrêmement vulnérables car « hors-sol » ?

Le Covid-19 ne fait que nous révéler notre fragilité.

La crise sanitaire Covid-19 est clairement une crise des excès, un coup de frein à l'Hubris qui imprègne le monde. La Nature a des limites, et nous sommes aussi contraints par ces limites. Nous devons nous adapter pour respecter mondialement ces limites. L'ouverture des frontières et le mythe de la « libre circulation » libérale est une erreur manifeste. Des conditions sanitaires sécurisées sont totalement incompatibles avec notre mode de vie moderne, cette illusion du monde accessible entièrement et totalement à tout moment... Par exemple, prendre l'avion : 190.000 vols en 2019 !

Le confinement.

Nous sommes aujourd'hui victimes du décalage existant entre la réalité du monde qui nous entoure (continents « usines », inégalités, utilisation des énergies fossiles, pollution...) et la REPRESENTATION que l'on peut s'en faire au niveau conscient. Nous ne sommes pas équipés pour prendre en compte autant de paramètres, l'humain développe son instinct de survie en fonction de son environnement proche, de ce qu'il perçoit autour de lui... Et comme en plus la majorité de nos ennemis sont invisibles (pollution, virus, nano-matériaux, radiation nucléaires...) ou lointains, nous sommes comme la grenouille dans la casserole : le temps d'évaluer l'évolution de l'environnement, il est trop tard... Ainsi, la racine de la pandémie actuelle est directement liée à l’organisation mondiale d’un système qui a cru pouvoir saccager sans retenue ce qui constitue la base matérielle de sa croissance économique soi-disant « infinie », la nature.
Nous sommes tous redescendu d'un ou plusieurs crans dans la pyramide de Maslow pour revenir à la survie, se loger/manger, pour plusieurs semaines. Mais passons plutôt à l’échelle de conscience de Hawkins et prenons en compte les 3 fondements de chacun de nous : le corps, la spiritualité et les émotions.

La Décroissance.

Que peut apporter la Décroissance dans cette crise ? Nous devons anticiper pour survivre, c'est bien ce que disent aujourd'hui les scientifiques du monde entier. Depuis son apparition en France au début du 21ème siècle, les décroissan-te-s prônent une décroissance choisie plutôt qu'une décroissance subie... Avec le Covid-19 c'est la récession qui arrive. Récession subie, donc. Et qui va bien sûr toucher d'abord les plus pauvres et les plus fragiles... Quel serait le monde idéal à envisager, quelles évolutions donner au capitalisme destructeur ?

La décroissance reste sur ses lignes :
- L'organisation du (des) pays par territoires autonomes (santé, alimentation, culture...) à taille humaine (environ 30.000 personnes) : relocalisation des productions de première nécessité, instauration de droits de douane aux frontières des pays et des territoires, pour limiter les déplacements de marchandises à travers la planète
- Réduction de l'empreinte écologique : baisse de la consommation pour revenir en-deçà du seuil de soutenabilité (passer en France de 3 à 1 planète « consommée » par an) : déplacements réduits, construction et réhabilitation écologiques des logements, électricité réduite, limitation des naissances, low-tech, agriculture bio, autoproduction, dons et échanges... Moins de biens, plus de liens : il s'agit d'une véritable cure de désintoxication pour Nous, les Consommateurs !
- Baisse du temps de travail à maximum 25 heures pour réduire le chômage et que tout le monde ait aussi du temps pour soi, Revenu Universel pour tou-te-s,
- Socialisation de tous les biens et services « essentiels à la vie du Pays » et de ses territoires : énergie, nourriture, eau, santé, éducation, culture...
- et bien d'autres propositions concrètes à découvrir dans la littérature décroissante !

Il va falloir que « l'organisation humaine » évolue et s'adapte, mais aujourd'hui qui gouverne le monde ? L'Onu et ses méandres ? Le FMI ? La Chine ? Le Dollar ? Google ? Le Dow-Jones ? Les illuminati ? Le Vatican ? Le Covid-19 ? Il est temps de revenir à des démocraties citoyennes à taille humaine, débarrassée des politiciens carriéristes qui ont vendu le monde aux industriels. Renforcer les Etats, même avec l'aide des Sciences et des Religions. Et par-dessus tout, il faut lutter contre le « greenwashing », qui est l'autre nom de la croissance, et qui entretient le « consortium » extraction-production-consommation-déchet, alimenté par le « progrès qui innove la nouveauté », la technologie et le foisonnement de produits inutiles.

La crise engendrée par le coronavirus sera-t-elle une vraie mutation vers la relocalisation de l'économie réelle, vers des sociétés humaines dont la valeur centrale ne sera pas l'économie mais l'intérêt général, vers des cultures en harmonie avec la nature et les animaux ?
Bon courage à tou-te-s et soyons solidaires ! Et pendant les longues soirées, seuls ou à plusieurs, pensez à ritualiser et à décoloniser votre imaginaire !

La Décroissance, c'est le bon sens.

« Tout est lié ». 21 mars 2020. Confinement+6
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article

Ol 23/03/2020 17:05

Bonjour
qui a écrit ce texte ? Merci à cette personne qui devrait signer !